Le livre…

Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation. Ce roman est l’histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de « première génération » reçue en cadeau. Il est irrésistiblement attiré par elle, même si tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d’élevage est passible de la peine de mort. À l’insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain.
Le tour de force d’Agustina Bazterrica est de nous faire accepter ce postulat de départ sans difficulté. Elle y parvient en nous précipitant dans un suspense insoutenable, tout en bouleversant notre conception des relations humaines et animales. Cadavre exquis est un roman tout à la fois réaliste et allégorique, d’une brûlante actualité.

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Margot Nguyen Béraud.

Cadavre exquis, parution le 21 août 2019, 19 €, 135 x 210, 304 pages, ISBN : 9782081478398.

Agustina Bazterrica est née à Buenos Aires en 1974. Cadavre exquis, son premier roman, a remporté le prestigieux prix Clarín en 2017.

Agustina Bazterrica…

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

En voyant un jour des carcasses suspendues qu’on livrait chez un boucher, j’ai imaginé des corps humains et j’ai pensé : « Nous sommes des animaux, faits de chair et de sang. » C’est à ce moment-là que le roman est né.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières dans la rédaction de ce livre ?

Le travail de recherche a duré de longs mois, à lire d’innombrables manuels sur les techniques d’abattage, des essais sur le cannibalisme ou les droits des animaux, quelques œuvres de fiction. Le plus éprouvant a été de visionner un grand nombre de documentaires, à cause de la violence des images. Tous les problèmes ont disparu quand j’ai commencé à écrire. Je me devais de rester totalement concentrée, de décrire chaque scène avec une précision irréprochable, froidement, il n’était plus question d’être dans l’émotion.

Cadavre exquis a-t-il un rôle à jouer dans les débats actuels sur les droits des animaux ?

Sans doute, mais j’ai avant tout essayé d’écrire le meilleur roman possible, pas un pamphlet, ni une fable morale. Je ne veux convaincre personne de quoi que ce soit. Pour moi, le fanatisme est une autre forme de violence qui m’est totalement étrangère.

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