Extrait…

 « Il est à ce point avec lui-même, Wolfgang Mozart, il s’entend à ce point résonner qu’il inscrit sur la portée comme sous la dictée.

Pour la toute première fois, le mouvement lent est en mineur.

Il dit : tragique, d’être emmuré ici, dans cette petite ville de province et qui me bouche, me contient, me rabaisse. Il dit : comment vivre ainsi, sans que ne puisse rougir le charbon, déglutir la lave, briller les diamants. Il en pleure et il dit, pensant à Victoire qui recevra les pierres dans ses mains : si seulement nous avions pu nous aimer – mais nous ne nous aimerons jamais.

Il dit, mais bien plus encore : il fait comprendre.

Car tandis qu’il est assis au clavecin, qu’il gratte le papier, que les portées se constellent de petites ombres noires, Mozart pense à lui-même, à Victoire dont le visage enflammé lui colle au cœur, mais il songe aussi au monde qui doit recevoir sa musique. À tous ceux qui, un jour, auront l’oreille assez fine pour entendre. »

Feuilleter les premières pages

<Matthieu Mégevand qui dirige les Editions Labor et Fides, est l’auteur de six livres. En 2018, il publie chez Flammarion le premier volet d’une trilogie qui explore le processus de la création, La Bonne Vie, consacré au poète Roger-Gilbert Lecomte. Vient ensuite Lautrec (Flammarion, 2019), qui reçoit le prix Grands Destins du Parisien. Tout ce qui est beau est le dernier volet de cette trilogie.

Le livre…

 « Vous savez bien que je ne cherche rien d’autre, dit-il enfin. Ma musique, des boutons, un habit… c’est la même chose… tout ce qui est bon, véritable et beau… le reste… rien… »

De Mozart, on dit qu’il est divin. Mais l’homme se vivait-il ainsi ? Toute sa courte vie durant, de l’enfant prodige qu’il a été jusqu’à sa mort prématurée, Wolfgang Gottlieb Mozart, de son vrai nom, a confié à la musique tout ce qu’il avait à dire. Avec ce livre, Matthieu Mégevand réussit le tour de force de « capturer » Mozart en peu de pages, de nous le faire « entendre » en littérature.

Après La Bonne Vie, sur le poète Roger-Gilbert Lecomte, et Lautrec, sur le peintre, Tout ce qui est beau vient clore avec Mozart une trilogie intitulée « créer-détruire » sur ces trois artistes incandescents morts en pleine fleur de l’âge.

Tout ce qui est beau, 18 €, 135 x 210, 192 pages, ISBN : 9782080204684.  

Parution le 15 septembre 2021.