EXTRAIT


« (…) Charlotte, qui a demandé son avis au poète et éditeur, R. Southey, a reçu une réponse catégorique : “la littérature ne peut en aucun cas constituer l’occupation première d’une femme”. Ce à quoi elle a très poliment répondu : “le soir, je dois admettre que je pense, mais je ne dérange jamais personne avec mes réflexions”. Se lancer, s’exposer, être lu, même par un éditeur, ne va pas de soi. Encore moins s’assumer comme écrivaine. Si elles enfreignent cette consigne, elles savent qu’elles peineront à sortir du lot et à être jugées à leur juste valeur.

En outre, Emily, timide de nature, tient à se maintenir en retrait. Anne non plus, n’a pas très envie d’apparaître. Seule solution, un nom d’emprunt, et plus infaillible encore, un pseudonyme masculin. Après tout, elles ont l’habitude des jeux de rôles et des identités forgées de toutes pièces. Elles peuvent, comme elles l’ont fait tant de fois, se créer chacune un personnage. C’est ainsi que les trois sœurs se transforment en trois frères, chaque prénom devant respecter leur lettre initiale : Currer pour Charlotte, Ellis pour Emily et Acton pour Anne. Quant à Bell, leur nouveau nom, il renvoie sans doute aux cloches du presbytère où officie leur père (…) »

Ils sont elles, Histoires extraordinaires d’écrivaines qui ont choisi des noms d’homme, parution le 4 septembre 2024, 21 €, 135 x 210, 250 pages, ISBN : 9782080437822. 

Catherine Sauvat a écrit plusieurs biographies, dont Robert Walser (Le Rocher, 2002), Stefan Zweig (Folio, 2006), Arthur Schnitzler (Fayard, 2007), Alma Mahler (Payot, 2009), Rilke (Fayard, 2016) et un essai littéraire Visites d’écrivains (Fayard, 2021). Elle est aussi co-autrice de documentaires.

LE LIVRE


Publier a longtemps été un défi pour les femmes. Certaines, et non des moindres, ont préféré rester anonymes, pendant que d’autres ont choisi de se cacher sous des pseudonymes d’hommes, souvent à la demande de leur éditeur, de peur qu’une « littérature de femmes » n’intéresse personne. D’autres, craignant qu’on nie leur créativité, leur style, leurs thèmes, se sont elles-mêmes affranchies des préjugés quant à leur sexe. Certaines ont aimé le secret de leur nouvelle identité, impatientes de devenir quelqu’un d’autre, et de mettre en scène, en toute impunité, en tout incognito, leur propre part romanesque. D’autres encore, contraintes de cacher leurs préférences sexuelles, ont pu ainsi exprimer leur amour pour les femmes.

À chacune ses raisons et son parcours. À chacune sa façon de s’émanciper des injonctions patriarcales de son époque. De Jane Austen à Mary Shelley, des sœurs Brontë à George Sand, d’Isabelle Eberhardt à Renée Vivien ou Karen Blixen, en passant par de nombreuses écrivaines injustement oubliées, voici l’histoire de celles, aux destins singuliers, qui se sont réinventées.

LE LIVRE


Publier a longtemps été un défi pour les femmes. Certaines, et non des moindres, ont préféré rester anonymes, pendant que d’autres ont choisi de se cacher sous des pseudonymes d’hommes, souvent à la demande de leur éditeur, de peur qu’une « littérature de femmes » n’intéresse personne. D’autres, craignant qu’on nie leur créativité, leur style, leurs thèmes, se sont elles-mêmes affranchies des préjugés quant à leur sexe. Certaines ont aimé le secret de leur nouvelle identité, impatientes de devenir quelqu’un d’autre, et de mettre en scène, en toute impunité, en tout incognito, leur propre part romanesque. D’autres encore, contraintes de cacher leurs préférences sexuelles, ont pu ainsi exprimer leur amour pour les femmes.

À chacune ses raisons et son parcours. À chacune sa façon de s’émanciper des injonctions patriarcales de son époque. De Jane Austen à Mary Shelley, des sœurs Brontë à George Sand, d’Isabelle Eberhardt à Renée Vivien ou Karen Blixen, en passant par de nombreuses écrivaines injustement oubliées, voici l’histoire de celles, aux destins singuliers, qui se sont réinventées.

Catherine Sauvat a écrit plusieurs biographies, dont Robert Walser (Le Rocher, 2002), Stefan Zweig (Folio, 2006), Arthur Schnitzler (Fayard, 2007), Alma Mahler (Payot, 2009), Rilke (Fayard, 2016) et un essai littéraire Visites d’écrivains (Fayard, 2021). Elle est aussi co-autrice de documentaires.

L’EXTRAIT


« (…) Charlotte, qui a demandé son avis au poète et éditeur, R. Southey, a reçu une réponse catégorique : “la littérature ne peut en aucun cas constituer l’occupation première d’une femme”. Ce à quoi elle a très poliment répondu : “le soir, je dois admettre que je pense, mais je ne dérange jamais personne avec mes réflexions”. Se lancer, s’exposer, être lu, même par un éditeur, ne va pas de soi. Encore moins s’assumer comme écrivaine. Si elles enfreignent cette consigne, elles savent qu’elles peineront à sortir du lot et à être jugées à leur juste valeur.

En outre, Emily, timide de nature, tient à se maintenir en retrait. Anne non plus, n’a pas très envie d’apparaître. Seule solution, un nom d’emprunt, et plus infaillible encore, un pseudonyme masculin. Après tout, elles ont l’habitude des jeux de rôles et des identités forgées de toutes pièces. Elles peuvent, comme elles l’ont fait tant de fois, se créer chacune un personnage. C’est ainsi que les trois sœurs se transforment en trois frères, chaque prénom devant respecter leur lettre initiale : Currer pour Charlotte, Ellis pour Emily et Acton pour Anne. Quant à Bell, leur nouveau nom, il renvoie sans doute aux cloches du presbytère où officie leur père (…) »

Ils sont elles, Histoires extraordinaires d’écrivaines qui ont choisi des noms d’homme, parution le 4 septembre 2024, 21 €, 135 x 210, 250 pages, ISBN : 9782080437822.