Le livre…

Un matin, Greg tombe sur un reportage vieux de dix ans sur le combat, en 2019, de « la jeune femme aux nattes ». Lui se sent pris en étau entre Anton, son beau-frère, pour qui il vient de falsifier les résultats d’une étude sur un pesticide, et sa nièce Lucie, engagée dans une lutte écologique. Quand elle lui présente Véra, sa vision du monde s’en trouve ébranlée.

Six personnages se croisent dans ce roman de légère anticipation. Que s’est-il passé pour qu’en dix ans le monde poursuive son travail de dégra­dation ? Est-ce par paresse, impuissance ou égoïsme que les membres de cette famille ont laissé s’abîmer leurs vies et le monde qu’ils habitent ?

2030, parution le 16 septembre 2020, 20 €, 135 x 210 mm, 256 pages, ISBN : 9782081473317.

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Feuilleter les premières pages

Philippe Djian est né en 1949 à Paris. Il est l’auteur de plus d’une trentaine de romans parmi lesquels 37°2 le matin (Bernard Barrault, 1985), la série Doggy Bag (Julliard, 2005-2008), Impardonnables (prix Jean Freustié), Oh… (prix Interallié), Chéri-Chéri, Marlène… (Gallimard, 2009, 2012, 2014, 2017.) Plusieurs d’entre eux ont été adaptés au cinéma. Il est également le parolier de Stephan Eicher. La revue Décapage lui consacre son numéro de septembre, avec une panoplie littéraire de plus de quarante pages.

Extrait…

Pour la première fois – et Dieu sait qu’il n’était pas d’une nature belli­queuse et ne s’était jamais ouvertement révolté contre les pratiques de son beau-frère – il défia celui-ci du regard et faillit lui balancer tout le paquet de feuilles à la figure. Il hésita un instant puis il ouvrit la main et laissa tout tomber à leurs pieds, sans un mot. Après quoi il sortit du bureau en claquant la porte. Il traversa l’accueil encore tremblant de rage, à peine salua-t-il le vigile et son chien-loup endormi entre ses jambes.

Il avait toujours su qu’Anton était une belle crapule, que le labora­toire qui portait son nom ne s’embarrassait plus guère de probité ni d’éthique.

Il faisait déjà nuit mais la chaleur demeurait étouffante. On ne pou­vait s’empêcher de grimacer en quittant l’air climatisé. Il récupéra sa voiture sur le parking que bordaient de jeunes arbres aux feuilles rabougries par le manque d’eau. Il aurait aimé pouvoir vomir avant de se mettre au volant de sa Porsche.